Connaissance du Patrimoine Culturel Local
Le Petit Journal
de Sainte-Ménehould
et ses voisins d'Argonne
Edition régulière d'un bulletin traitant de l'histoire, des coutumes et de l'actualité.

La page du poète

Christiane Chazée

vendredi 17 juin 2011, par Nicole Gérardot


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Quittons la région de Sainte-Ménehould pour aller à Châlons-en-Champagne, à la rencontre de Christiane Chazée.
Christiane Chazée, retraitée, ancienne bonnetière des « Etablissements Vitoux », a écrit plusieurs recueils de poésies. Encouragée par diverses associations, dont l’association Internationale des Belles-Lettres, Me Chazée a pris confiance dans sa plume. Depuis 2007, elle a participé à de nombreux concours poétiques : huit sélections dans des anthologies : « Flammes-vives », années 2007, 2008, 2009, 2010, trois dans « Les poètes du dimanche » (2009). Sélection avec diplôme, comme « poète remarqué à suivre » par l’Association internationale des « Belles-lettres », lauréate de « l’Académie européenne des Arts », diplôme et médaille d’or au niveau national (2009), au niveau international (2010).
L’été dernier, le journal « L’Union » lui a consacré deux articles. C’est toujours très difficile de choisir parmi un nombre important de textes. J’en ai choisi trois dont les thèmes sont différents. Mais vous pouvez vous procurer les recueils de poésies de Mme Chazée qui sont en vente à la Bouquinerie de l’Argonne à Hans.

Je pense à toi très fort

Haïti
Ile martyre

Ile de souffrance
Petite perle,
Perle macabre…

En ton sein
Sourdent des pleurs,
Montent des cris, Haïti

Grondements, bouillonnements,
Coule, coule le sang de tes enfants…

Liberté,
République !
Doux euphémisme

Haïti
Un feu brûle toujours en ton ventre,
Souvenirs affreux, la loi des plus forts

Aimer
Caresse de la nuit, douceur…
Eveil, tendresse,
Doux réveil câlin…
Caresse à la fleur de ta peau
Sur tes ombres chinoises
A la faible lueur,
Petit matin bonheur…

Tiédeur de ta bouche
Sur mon sein.
Chaleur de tes mains.

Mes doigts, mes ongles,
Glissent, frôlent,
Presque imperceptibles,
L’épiderme de ton dos
Jusqu’au bas de tes reins,
Frissons !
Brûlures de nos baisers
Explosions de nos sens.
Ivresse !
Luminescence de ton regard
Sensation apaisée,
Bien être, caresse !
Aimer.

- - - - - - -
Sur les toits de ma Champagne

Je dis qu’un jour je m’envolerai
Dans ces pays d’où je reviens toujours.
Ces pays où il fait si bon vivre,
Ces pays d’équateur,
ces pays des tropiques,
Ou ces pays du midi méditerranée.

Je dis qu’un jour je déploierai mes ailes,
Je dis que je partirai.
Que définitivement, je me poserai,
je me fixerai.

Mais où ? Je ne sais !
Je ne puis me décider !
Quelle destination choisir ?
Où atterrir ?


 
Mais prostrée, hagarde,
Pour toi plus d’espoir de revanche…

Tout s’acharne
Aucun répit, Haïti,

Tempêtes, cyclones, séismes,
Semblent vouloir t’engloutir,
T’effacer de cette planète…

Haïti Ile martyre
Ille de souffrances…

Petite perle,
Tu engendres le rêve, les convoitises,
Le monde te couvre de son aile…

Un remake vas-tu vivre ?
Je pense à toi très fort…

Pourquoi là, plutôt qu’ici ?
Pourquoi ici, plutôt qu’ailleurs ?

Toujours prête à partir,
Encore plus à revenir.

Je suis un oiseau migrateur.
Ce qui me peine,
Ce qui motive mes ailes,
C’est que chez nous nous boude
Trop souvent notre soleil.

Mais je ne sais si je supporterai,
Sa présence à profusion,
Plus d’une année entière.

Ici j’ai ma famille,
J’ai mes amis, j’ai mes racines,
Et c’est un beau pays.
Un pays plat, un patchwork aux couleurs vives.

Ce pays que je vante,
Mais d’où je reviens allègre, très souvent !
Dans ma campagne crayeuse,
Que l’on disait pouilleuse.
Ces pays, finalement,
Vite m’ennuient.

Ici je suis chez moi
Ici c’est mon pays,
Un pays qui pétille
Où je me sens revivre.
Même si je suis rebelle,
Je lui suis très fidèle.

Et c’est sur les toits de ma Champagne
Que toujours je me pose.
Je rabats mes ailes, un moment, je me repose.

J’aime le calme de ma petite ville, j’y suis bien.
J’en connais les moindres recoins
Sur le bout de mes doigts
Comme les doigts de ma main.

Et je crois que c’est là
Que je replierai mes ailes,
Pour la dernière fois.



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