Connaissance du Patrimoine Culturel Local
Le Petit Journal
de Sainte-Ménehould
et ses voisins d'Argonne
Edition régulière d'un bulletin traitant de l'histoire, des coutumes et de l'actualité.

Les vitraux de l’église de Hans, suite.

mardi 27 décembre 2011, par Jean Maigret


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Bref historique :
Après 1870, le vitrail religieux français s’enlise dans des formules esthétiques stéréotypées où les productions ne s’écartent guère du pastiche historique. Prenant le contre-pied de cette tendance, Gustave Duhamel-Marrette, maître verrier à Evreux que Maurice-Henry du Val, comte de Dampierre, baron de Hans qui finance la réfection des vitraux, a rencontré lors de son temps de garnison dans cette ville, développe une sensibilité et un sens artistique exceptionnel. Ces qualités forgent sa renommée et lui assurent de nombreuses commandes. Les plus notables sont visibles, outre à Hans, au couvent des Ursulines d’Evreux, dans l’église de Saint-Martin de Villers-sur-Mer en autres…
Les travaux débutent le 1er janvier 1888. Un an plus tard, avec l’approbation du pape Léon XIII, l’église paroissiale dédiée à la Nativité de la Vierge devient Notre-Dame du Soldat. Il faut considérer cet événement comme un double témoignage de l’essor du culte de la Vierge et du sursaut patriotique au sortir de la défaite de 1870. L’embellissement durera jusqu’en 1892.




En plus de cette dimension historique, l’ensemble des vitraux révèle une parfaite adaptation du style au sujet : style médiéval, Renaissance ou contemporain selon l’époque des scènes représentées. Clins d’œil ou respect de la tradition du mécénat, des parents de Maurice-Henri du Val sont portraiturés en costume d’époque dans « Les habitants de Hans restaurant leur église en 1206 » ou encore dans une « Mise en croix », aux côtés de la famille propriétaire de la seigneurie de Hans au seizième siècle.
Après la défaite de 1870 et la perte de l’Alsace et la Lorraine, le général de Dampierre désire valoriser des épisodes glorieux comme la défaite infligée aux Huns d’Attila en 451, ou l’ordre de retraite signé au château de Hans par Brunswick après la bataille de Valmy en septembre 1792. « Le baptême de Clovis » complète la fresque historique en tant qu’épisode fondateur de la nation.
La baie dédiée à « Notre Dame de Hans protectrice du territoire » montre ainsi un soldat de 1792 vainqueur d’un Prussien, et un Gaulois brisant le glaive d’un guerrier d’Attila. Beaucoup de scènes, par ailleurs glorifient les vertus chrétiennes. « La Charité » représente Saint Vincent de Paul et une sœur de la Charité qui devait fournir un exemple à toutes « les filles du village ».

Les vitraux.


Le baptême de Clovis (15) :
Le premier vitrail que l’on rencontre à gauche en entrant dans l’église, « Le baptême de Clovis » est un sujet bien choisi pour cette fenêtre puisqu’il se trouve juste au dessus des fonds baptismaux.
Les traits de Sainte Clotilde, épouse de notre premier roi chrétien, rappellent ceux de la duchesse de Chartres, sans qu’il soit possible de s’y méprendre. La scène est fort bien traitée, Clovis, à genoux dans la baptistère, a peut-être la figure trop martiale pour un chef guerrier de ce temps-là. Saint Remy, qu’on pouvait appeler le baptiseur de la France, a quelque chose d’inspiré, il lève les yeux au ciel, d’où il voit descendre la colombe miraculeuse apportant la Sainte Ampoule. Sainte Clotilde voit aussi le miracle. Tous deux paraissent comprendre que le royaume très chrétien va naître des eaux saintes où Clovis est plongé. Clovis, pieusement incliné, semble dire : « Dieu que Clotilde adore et que je veux désormais adorer, vous m’avez donné la victoire, en retour je vous donne ma personne et mon Royaume. Vive le Christ qui aime les Francs ! »
Ce vitrail a été donné en souvenir du duc et de la duchesse de Chartres, insignes bienfaiteurs de Notre-Dame du Soldat.






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