Connaissance du Patrimoine Culturel Local
Le Petit Journal
de Sainte-Ménehould
et ses voisins d'Argonne
Edition régulière d'un bulletin traitant de l'histoire, des coutumes et de l'actualité.

Le village de Hans et son château en quelques dates.

mercredi 28 mars 2012, par Hélion le Comte


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Actuellement le patronyme de notre village s’écrit « Hans », mais il a connu des variantes au cours de l’histoire. « Ham » en 1130, « Hans » fin du XIIème siècle, « Hanz » en 1250, « Hans en Champagne » en 1382, « Hems en Champagne » sur une pierre tombale du XVIème siècle. Puis « Han » ainsi que « Hans le Grand » en 1860 pour finir actuellement avec l’orthographe du XIIème. A l’origine, la paroisse principale était Somme-Bionne, dont l’église de Hans, qui n’était qu’une chapelle, dépendait ; elle était dédiée à Notre-Dame et appartenait, dès l’an 1190, au Chapitre de Châlons, don de l’évêque Guy. Hans appartenait aux biens fonciers de l’évêché de Verdun, ainsi que Vienne le Château et Clermont en Argonne. C’était pour cet évêché une porte sur la Champagne par la vallée de la Biesme, car Sainte-Ménehould appartenait encore, au XIIème siècle aux Comtes de Rethel.

Des études récentes faites par des historiens nous disent : « L’ensemble fortifié, à l’est du village actuel fait penser aux structures des grandes forteresses carolingiennes… »
Cette terre de Hans fut cédée au Comte de Bar, Renaud 1er par l’évêque Albéron de Chiny en 1131 ainsi qu’une grosse somme d’argent, avec le château de Clermont et de Vienne. Peu après cette date, le comte Henri 1er de Grandpré acheta Hans, Somme-Bionne et ses dépendances au Comte de Bar. Le nouveau propriétaire de ces terres fut obligé, en 1151, de restituer 30 sols à l’abbaye de Saint Remy de Reims, avec le consentement de l’évêque Abbéron de Verdun, attendu que le moulin de Hans relevait du fief de cette église. Il ne faut pas oublier que dans le droit féodal, l’achat de terres n’excluait pas l’hommage qui remontait du dernier acquéreur au premier possesseur.

Le cercle noir symbolise l’emplacement de l’ancien château (Le vieux jardin)


Henri III de Grandpré, surnommé « Waflard » (le dilapideur) épousa Ade d’Avesnes, et fonda une chapelle dans son château de Hans en 1209. C’est la première mention d’un château à Hans. Celui-ci existait-il avant, ou est-ce lui qui l’aurait construit ? Les textes sont muets pour l’instant à ce sujet. L’église actuelle date de cette époque, l’évêque Gérard de Douai, dans une charte épiscopale de 1206 en autorise la reconstruction. Après avoir reconstruit l’église, où il avait situé le caveau familial dans le cœur, privilège des fondateurs, il voulut fortifier le village et construire une forteresse, mais sa mort devant Carcassonne en 1210 l’en empêcha. Ce fut sa veuve qui le réalisa. Nous voyons qu’en 1238, celle-ci donna à son fils Jacques le château qui était à son père, mais qu’elle garda le nouveau château de la Motte. Il y avait donc à cette époque deux châteaux. L’un était situé sur la pièce de terre appelée « Le vieux Jardin » et qui n’était probablement qu’une maison forte, et l’autre dans le parc du château actuel, à l’emplacement de la Motte, dénommée la « Terrasse ». Ce château, entièrement entouré de douves, avec pont-levis, demeura en place, ainsi que le premier, jusqu’en 1591.

En 1250, Ade, dame de Hans donne à la Maison Dieu de Hans sa maison d’Haulzy. A la même date, les maîtres et frères de la Maison Dieu de Hans reconnaissent que cet hôpital, ainsi que les biens donnés par Ade, étaient sous la garde du Comte de Champagne.
Après Henri III et sa femme, tous les seigneurs de Hans signèrent leurs actes du nom de Hans, laissant le nom de Grandpré à la branche aînée. Ainsi nous voyons, dans un acte de 1302, un don à l’église de Hans par Henri, Seigneur de Hans, avec son sceau aux armes de Grandpré, brisé d’un lambel à trois pendants, indiquant une branche cadette.
Durant la guerre de 100 ans, en 1359, les anglais avaient pris le village et le château, celui-ci après de rudes combats, fut repris par le Comte Henry de Bar, Capitaine de la ville de Châlons et Froissard nous dit que 80 anglo-navarro furent passés par le fil de l’épée !
En 1434, vers la fin de la guerre de 100 ans, nous voyons dans l’Histoire d’Arthur III, duc de Bretagne et Connétable de France de l’an 1413 à 1457, par Théodore Godefroy (1622, page 63) : « Puis après, s’en vint Monseigneur le connétable mettre le siège à Han-en-Champagne, et durant qu’il estoit devant Han, le Duc de Bar, qui est à présent Roi de Sicile, vint à une sienne place qui est assez près de Sainte-Ménehould, et pria Monseigneur qu’il voulut aller parler à luy et y alla, et parlèrent ensemble à leur bon plaisir. Et le lendemain revint à son siège et fait la basse-cour prise d’assaut, et le lendemain la place rendue ».
1456, nous voyons un aveu au duc de Bar par Jacques, sire de Hans : « C’est assavoir le Chastel et donjon de Hans, les bassecourts et maisons dessous ledit Chastel, toute la ville, haulte justice, moienne et basse… » (Chantilly et archives nationales).
De tout temps il est attesté des foires et des marchés. En 1304 Henry de Hans y possédait un « grand marchié », puis peut-être par l’absence de ses seigneurs, ils disparurent pendant quelques années. En 1492, Charles VII autorise le rétablissement du marché chaque mardi et d’une foire le 9 octobre (Hans au moyen-âge par Jackie Lusse).
En 1544, la dernière des Grandpré, Magdeleine, épouse du Comte de Linange, quitte son château d’Apremont dans la Meuse et se réfugie à Hans avec ses enfants, lors de l’invasion de Saint-Dizier par les troupes de Charles Quint, puis de là, elle alla à Reims où le mari de sa fille Anne, Claude de Bossut était le gouverneur. Il était le fils du constructeur du château de Marchais (Aisne) qui appartient au Prince de Monaco.

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