Connaissance du Patrimoine Culturel Local
Le Petit Journal
de Sainte-Ménehould
et ses voisins d'Argonne
Edition régulière d'un bulletin traitant de l'histoire, des coutumes et de l'actualité.

Les vitraux de l’église de Hans, fin.

lundi 25 juin 2012, par Jean Maigret


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Bref historique de l’église et rénovation des vitraux :
La disparition des deux voûtes hautes remonterait aux destructions de la guerre de cent ans ; seuls les bas-côtés ont conservé leurs croisées d’ogives. Le couvrement de la nef était depuis lors assuré par un simple plafond lambrissé qui a été supprimé. La vétusté et le manque d’entretien du bâtiment ont progressivement rendu incontournable un plan de restauration globale de l’église.
Une maison adossée à la façade occidentale est abattue en 1956 pour permettre la rénovation de la façade ouest. En 1976, une première campagne de restauration a été entreprise qui a conduit à intervenir sur la charpente, sa couverture avec la pose d’une toiture tôlée, et ses maçonneries altérées. Des infiltrations d’eau provoquaient l’éclatement de la pierre sous l’effet de phases successives de gel et de dégel.
Vingt ans après, l’effort de remise en état, se poursuit. Outre la toiture d’où les tôles ont disparu pour laisser place à l’ardoise, la reprise des murs de la nef, la réfection de quelques sculptures extérieures ainsi que la mise en place d’un réseau de récupération et d’évacuation des eaux pluviales, les vitraux ont fait l’objet d’une étude par le laboratoire des Monuments historiques en vue d’une restauration complète.
En 1994 sont restaurés tous les vitraux de la nef et toutes les baies du chevet. Jusqu’alors les vitraux souffraient principalement dans notre région des dégâts occasionnés par les guerres. En Champagne-Ardenne, certains édifices ont subi quatre conflits de 1815 à 1940 ! Patrimoine fragile, les vitraux subissent aujourd’hui d’autres types d’agressions, moins brutales mais constantes et à effets progressifs. Celles-ci sont principalement la conséquence des intempéries. Dans les églises souvent humides, la condensation sur la face interne des verres, due aux différences de températures entre l’intérieur et l’extérieur, provoque la prolifération des mousses, des lichens et des micro-organismes qui altèrent la grisaille et rendent les scènes illisibles. Par ailleurs des altérations causées par la pollution, les développements microbiologiques, les déjections de pigeons, en entrant en action avec les composants du vitrail, peuvent dégrader irrémédiablement les verres.
Il est désormais admis que la restauration de la plupart des vitraux patrimoniaux devrait avoir pour corollaire immédiat leur protection par une verrière extérieure. Compte tenu des agressions spécifiques d’ordre climatologique rencontrées à Hans (condensation,ruissellement intérieur…) et de la relative fragilité induite par la suppression de nombreux plombs de casse, la protection des vitraux de l’église par doubles verrières s’est par conséquent tout naturellement imposée.

Les fonds baptismaux :

Les fonds baptismaux, qui sont formés d’une barque en marbre des Pyrénées ont une curieuse histoire. Ils furent conçus et leur réalisation fut supervisée par un ami du Général de Dampierre, un personnage remarquable, le Général Charles de Nansouty, féru de météorologie et de minéralogie qui, une fois en retraite de l’armée, fut en 1882 le co-fondateur de l’observatoire du Pic du midi de Bigorre dans les Pyrénées, d’où l’origine du marbre constituant les fonds baptismaux. Ceux-ci furent installés en 1888.
L’idée de la barque se justifie car par le baptême nous entrons dans l’Eglise, symbolisée par la barque de Pierre. Les donateurs de ce beau marbre en relèvent le prix aux yeux de la population et des nombreux visiteurs grâce à l’inscription que l’on voit sur le socle : « Don et souvenir des Maréchaux Saint-Arnaud, Randon, Canrobert, Bosquet, Leboeuf ».

Les vitraux



La dernière pensée (10) :

Continuons notre inspection des vitraux par le premier que nous rencontrons dans la nef latérale côté sud. Nous y découvrons « Le soldat mourant sur le champ de bataille, ou La dernière pensée » reproduction d’un tableau d’Alexandre Protais (1826-1890), aujourd’hui au musée de Limoges, peintre militaire alors très populaire que le général de Dampierre avait connu en Crimée. Dans le haut du ciel apparaît au pauvre moribond la croix de Constantin, « In hoc signo vinces », « par ce signe tu vaincras ».
Autour de la croix se déroule une banderole sur laquelle on lit la devise du Centenier de Notre-Dame du Soldat : « Devoir, Religion, Patrie ». C’est ce vitrail très émouvant qui a inspiré aux gens du pays la « merveilleuse » appellation de Notre-Dame du Soldat.
Ce vitrail synthétise tout ce que le général a voulu offrir à son église de foi chrétienne, de recueillement patriotique et de souvenirs personnels émus rapportés de ses campagnes. Beaucoup des contemporains du comte auront pu se remémorer un proche disparu à la vue de ce jeune « pantalon rouge »









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