Connaissance du Patrimoine Culturel Local
Le Petit Journal
de Sainte-Ménehould
et ses voisins d'Argonne
Edition régulière d'un bulletin traitant de l'histoire, des coutumes et de l'actualité.

L’ETAT CIVIL A L’ABBAYE DE MOIREMONT

mardi 19 juin 2012, par Patrick Desingly


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Jusqu’à la Révolution, le village de Moiremont vivait au rythme de l’abbaye bénédictine ; les registres portent le témoignage des naissances, des mariages et des décès.

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C’est par l’ordonnance de Villers-Cotterêts sous François I en 1539 que notre pays a l’obligation de tenir un registre d’état-civil pour chaque habitant (cela fut partiellement vrai car la monarchie n’a pas reconnu à certaines époques les protestants, les juifs, certaines minorités et les enfants de ce fait nés de ces unions ne pouvaient hériter).
A noter que c’est seulement le 19 Novembre 1787 que Louis XVI par l’édit de tolérance met un terme à ce manquement.
Avant la révolution, les actes étaient rédigés et conservés par les autorités religieuses, principalement l’église catholique sous forme de registres de baptêmes, de mariages et de décès.
Le 9 Avril 1736, Louis XV ordonne l’obligation de tenue en double des registres comme les actes notariés (conservation à deux places différentes).
On notera bien souvent que lors des baptêmes, les personnes sont dotées d’un nom d’un saint ou d’une sainte correspondant à leur jour de naissance avec une désignation : mâle ou femelle, on précise également les noms et prénoms du parrain et marraine et son lieu de résidence.
Pour les décès, on précise l’âge, quelque fois la profession mais surtout on rappelle l’aide de l’église à la personne défunte avec une formule d’apaisement « mourir en rendant son âme à Dieu ».
Par ailleurs, on enterrait la personne très souvent le jour de son décès.

Extrait du premier acte de naissance du document ci-joint :

« L’an de grace mil sept cent dix le cinq du mois de septembre par moi Religieux prestre et curé de Moiremont a esté baptisé un enfant femelle née le même jour du mariage de Pierre Julliot et Marie Boudaille de cette paroisse qui a été nommée Bastiene. Les parins ont été Jean Julliot et Bastiene Julliot de cette paroisse. »
Signé Jean Julliot


A la Révolution, l’état-civil change de main, les mairies prennent le relais. La troisième république crée le livret de famille.
En 1922, après la 1ère guerre mondiale, pour éviter toute erreur (fraude aux pensions), on introduit dans les actes les dates et lieux de naissance des parents.
A noter qu’avant la révolution, il existait un registre « état des âmes » établi par les prêtres contre l’impiété (cas de bigamie, de concubinage, etc…).
Notre état-civil a fortement évolué mais à l’évidence il évoluera encore.

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