Connaissance du Patrimoine Culturel Local
Le Petit Journal
de Sainte-Ménehould
et ses voisins d'Argonne
Edition régulière d'un bulletin traitant de l'histoire, des coutumes et de l'actualité.

La fontaine des « Bons Malades »

samedi 17 février 2007, par Michel Lebègue


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Elle s’était assoupie le long de la route de Chaudefontaine. Comme était loin le temps où les paysans de ce village s’y désaltéraient après avoir vendu leurs haricots aux bourgeois, et celui où les galopins, après une partie de football venaient y faire leurs ablutions. Et puis vint un gentil sorcier qui allait réveiller la belle endormie. Laissons lui la parole :

« Voici en quelques mots l’origine de la décision prise pour la restauration de cette »Fontaine" qui, outre l’eau, sans jeu de mots, fait couler beaucoup de salive et d’encre après la sueur de nos fronts…
C’est en voyageant avec un ami « Lions », lui faisant part de mes intentions, réfection d’un site, d’une bâtisse communale, d’un monument…que sais-je…que le nom de « notre » fontaine fut évoqué.
L’idée faisait son chemin la nuit suivante et ma décision était prise. J’allais sur les lieux envahis par une végétation luxuriante ne permettant aucune évaluation du travail à faire. Nous avons donc tout arraché, déraciné, taillé…
La municipalité, informée de nos intentions, sollicitée pour l’enlèvement de notre « moisson », fit intervenir dans les heures suivantes ses services, libérant ainsi l’accès au chantier, une allée longue de 30 mètres, large de 4.
L’étendue du désastre dépassait mes craintes. L’idée de réfection évoluait par la nécessité de démontage et de reconstruction. Une photographie, un numérotage des pierres réutilisables, un dessin de tous ces repères…ce n’était que le début.
Grâce aux services techniques municipaux, nous avons eu un stock de pierres de « Savonnière » pour le remplacement des manquantes, disparues pour leur maximes religieuses gravées, dérangeantes à une certaine époque. Le crucifix en fonte était cassé, seul le socle avait résisté.

Le crucifix remis en place est en pierre de la même veine que celles de l’ensemble. La protection du puits artésien d’où monte l’eau est assurée par une grille permettant de voir la Vierge et son Fils blottis sur un socle au fond d’une grotte de briques rouges. Pour la touche finale, un projecteur immergé dispense une lumière douce dès la tombée du jour, mettant en valeur cet ensemble.
Dépense supportée, environ 600 euros…et 400 heures de travail.
L’inauguration le jour du « Patrimoine », avec les honneurs des élus et félicitations des nombreux témoins a été le révélateur d’une nouvelle découverte des « Lions » dans la Cité.
La copie de l’affiche (1,20X0,60) placardée par les autorités au moment de l’inauguration donne les explications historiques.


Cette fontaine dite « des Bons Malades » est en place depuis le 13ème siècle environ. La source de l’eau qui l’alimente est située sur le plateau de la Haute-Maison où une léproserie avait été érigée à l’écart de la ville, en haut de cette côte, sur un terrain entretenu par un certain Monsieur Caraut.

Les lépreux, même des pestiférés, étaient recueillis, soignés, dans cette maladrerie par des religieux, puisant à la fontaine l’eau pure, fraîche, aux vertus thérapeutiques attribuées par les utilisateurs.
Par reconnaissance peut-être, par dévotion sûrement, une statuette de la Vierge est posée sur un socle au fond de la voûte.
Le temps, la révolution, la végétation eurent raison de cet édifice, apprécié des habitants, qui, nombreux, venaient y quérir leur eau de consommation jusque dans les années 1950.

Dans l’esprit de leur devise « Nous servons », les membres du Lions Club local, à l’instigation de Michel Lebègue, Président pour la période 2005-2006, prirent la résolution de restaurer et rendre cet ensemble « à l’identique » aux Ménéhildiens.
Des pierres gravées de maximes pieuses sont disparues, mais il est encore possible, difficilement, de lire sur la pierre de clef de voûte cette inscription : « Vous qui passez, voyez s’il est une douleur semblable à la mienne ».
« Aimons celui qui nous a aimés jusqu’à mourir sur la croix pour notre salut ».


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