Connaissance du Patrimoine Culturel Local
Le Petit Journal
de Sainte-Ménehould
et ses voisins d'Argonne
Edition régulière d'un bulletin traitant de l'histoire, des coutumes et de l'actualité.

La page du poète.

vendredi 21 septembre 2012, par Nicole Gérardot


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Surtout si vous videz un grenier, ne vous séparez pas des papiers avant d’y avoir jeté un coup d’œil, La preuve, voilà une poésie retrouvée dans une décharge par Jean-Pierre Vuillaume, notre secrétaire.

Chienne de vie

Vieux compagnon de l’homme
Mon brave ami le chien
Ne serais-tu en somme
Qu’un gêneur, un vaurien ?
Toi fidèle gardien
Garant de mon sommeil
Voilà que d’un voisin
Tu irrites l’oreille.
Chien de ville ou de rang
Tu serais pardonné
Mais corniaud, chien des champs
Tu vas devoir payer.
Ainsi fut donc commis
Le premier magistrat
Et dès que tu le vis
Tu en restas sans v’ouah !
De berger ou de chasse
Chien sauveur ou d’aveugle
Il faut que tu le saches
Tu dois fermer ta gueule.


C’est signé : Adrien Bardon. Qui connaît ? N’hésitez pas à nous donner des renseignements. A la lecture de ce texte, j’ai repensé à «  la mort d’un chien » de Victor Hugo et je ne résiste pas à l’envie de vous la faire lire ou relire.

Un groupe tout à l’heure était sur la grève
Regardant quelque chose à terre. Un chien qui crève !
M’ont crié des enfants ; voilà tout ce que c’est,
Et j’ai vu sous leurs pieds un vieux chien qui gisait.
L’océan lui jetait l’écume de ses larmes.
Voilà trois jours qu’il est ainsi, disaient des femmes,
On a beau lui parler, il n’ouvre pas les yeux.
Son maître est un marin absent, disait un vieux.
Un pilote, passant la tête à sa fenêtre,
A repris : Ce chien meurt de ne plus voir son maître.
Justement le bateau vient d’entrer au port ;
Le maître va venir, mais le chien sera mort.
Je me suis arrêté près de la triste bête,
Qui, sourde, ne bougeant ni le corps ni la tête,
Les yeux fermés, semblait morte sur le pavé.
Comme le soir tombait, le maître est arrivé,
Vieux lui-même ; et, hâtant son pas que l’âge casse,
A murmuré le nom de son chien à voix basse.
Alors, rouvrant ses yeux pleins d’ombre, exténué,
Le chien a regardé son maître, a remué
Une dernière fois sa pauvre queue,
Puis est mort.
C’était l’heure où, sous la voûte bleue,
Comme un flambeau qui sort d’un gouffre, Vénus luit.
Et j’ai dit : D’où vient l’astre ? Où va le chien ? Ô nuit.


Il me vient aussi à l’esprit « Le loup et le chien » de Jean de la Fontaine et cette petite poésie de Pierre Menanteau pleine de mélancolie « Le vieux et son chien ».

S’il était le plus laid
De tous les chiens du monde
Je l’aimerais encore
A cause de ses yeux.
Si j’étais le plus vieux
De tous les vieux du monde
L’amour luirait encore
Dans le fond de ses yeux
Et nous serions tous deux,
Lui si laid, moi si vieux,
Un peu moins seuls au monde
A cause de ses yeux.


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