Connaissance du Patrimoine Culturel Local
Le Petit Journal
de Sainte-Ménehould
et ses voisins d'Argonne
Edition régulière d'un bulletin traitant de l'histoire, des coutumes et de l'actualité.

L’Argonne.

Avec un texte de Louis Brouillon

vendredi 21 décembre 2012, par Denis Marquet


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Denis Marquet, qui fut longtemps instituteur à l’école de Verrières, reprend sa plume pour nous offrir un panorama de l’Argonne.

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Carte dressée et publiée par Louis Brouillon au début du 20è siècle
dans son livre « L’Argonne, guide du touriste et du promeneur ».


Pour beaucoup de personnes, l’Argonne est une région méconnue, voire inconnue, qui se situe dans le nord-est de la France, à l’est du Bassin parisien. Le dictionnaire, lui, est un peu plus précis : « Région de collines boisées et humides à l’est du Bassin parisien entre l’Aisne et l’Aire, un de ses affluents. L’Argonne évoque la guerre de 14-18 »
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L’Argonne est une région naturelle au sous-sol de gaize ou pierre morte et d’argile du Gault. La gaize est un grès siliceux de la fin de l’ère secondaire. Elle est apparente entre l’Aisne et l’Aire mais on la trouve également dans des buttes témoins un peu plus à l’est. Cette roche, bien que gélive, a été néanmoins utilisée comme matériau de construction. Maintenant elle sert pour des remblais ou des empierrements de chemins. Une carte géologique permet de dessiner avec assez de précision cette région qui couvre 2143 km2.
L’Argonne s’étend sur les départements des Ardennes, 40% de la superficie, de la Meuse 40% et de la Marne pour 20%. Elle compte 176 communes dont 83 dans les Ardennes, 65 dans la Meuse et seulement 28 dans la Marne. Parmi toutes ces communes 46 ont un nom composé [1].
.
Si l’Argonne est bien une région naturelle, ses paysages offrent cependant des nuances dues à l’érosion à l’ère quaternaire et aux défrichements au Moyen-âge.

L’Argonne se divise en 3 :
1- Le massif Argonnais. Il est le plus représentatif de l’Argonne. Il couvre 900 km2. Sa croûte de gaize qui va de Villers-en-Argonne au sud à Semuy-Le Chesne au nord est recouverte presque sans interruption par la forêt qui couvre plus de 44 000 hectares. Cette forêt couvre 45% de la surface du massif contre 29% pour les prés et 16% pour les terres labourables. Le massif est assez difficilement franchissable sauf par les 5 défilés de Le Chesne, La Croix aux Bois, Grandpré, La Chalade et Les Islettes. Certains ont permis l’arrivée des envahisseurs au cours de l’histoire [2]. Une route passe presque au centre du massif depuis Brizeaux vers Futeau, Les Islettes, Le Neufour, Le Claon, La Chalade et Vienne-le-Château.

2- L’Argonne orientale : Elle s’étend à l’est de l’Aire et du Bar et couvre 764 km2. Ses hautes terres calcaires jalonnées de buttes coniques s’étendent presque jusqu’à la Meuse qui coule plus à l’est. Les prés et pâtures, 40%, prédominent sur la forêt, 30% et les terres cultivables 25%.

3- L’Argonne du sud : Encore appelée Bas pays d’Argonne, cette petite région qui s’étend de Villers-en-Argonne jusqu’à Nettancourt et Louppy-le-Château couvre 466 km2. Ses terrains sont bas et argileux au sud du promontoire de Beaulieu-en-Argonne. On trouve de nombreux étangs dans la forêt de Belval-en-Argonne. L’Aisne qui prend sa source à Sommaisne, près de Vaubécourt, y a son cours supérieur et décrit de nombreux méandres. La forêt, 33%, est aussi étendue que les prés et pâturages ; les terres cultivables couvrent quant à elles 22%.

L’Argonne, depuis 1949, est une région agricole à part entière pour la Direction départementale de l’agriculture. La région ainsi délimitée s’étend aussi sur les départements cités précédemment mais elle est moins étendue que la région géographique, 1650 km2 contre 2143 km2 et ne compte que 136 communes contre 176. La partie meusienne couvre 53% de cette région agricole contre 29% pour les Ardennes et 18% pour la Marne.

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Sources : Le guide de l’Argonne, Editions « La Manufacture », Lyon.
Argonne 1630-1980 de Jacques Hussenet, Reims Cendrée.


L’Argonne touristique vue par Louis Brouillon



Voici la présentation de l’Argonne faite par Louis Brouillon, créateur du Syndicat d’Initiative les « Amis de l’Argonne », au début du XXè siècle à l’intention des touristes.

L’ARGONNE est une pittoresque contrée, couverte de forêts magnifiques, qui se répartit d’une manière à peu près égale entre les trois départements de la Marne, de la Meuse et des Ardennes, aux confins desquels elle se trouve.
L’Argonne, qui fut appelée en 1792 les Thermopyles de la France, a été célébrée en pages inoubliables par Victor Hugo, se dirigeant vers le Rhin. Elle a été visitée et vantée par Alexandre Dumas, se documentant pour son attachant volume : « La route de Varennes ». Elle a été chantée en vers et sympathiquement décrite en prose par le délicat poète et romancier André Theuriet. Actuellement elle est visitée chaque jour par d’innombrables pèlerins de l’Histoire, curieux de retrouver à chaque pas, de Sainte-Ménehould à Varennes, la trace de Louis XVI et de Marie-Antoinette.
La forêt d’Argonne, dont les ombreuses futaies s’étendent du nord au sud, sur une longueur de plus de trente-cinq kilomètres, est au printemps, pendant l’été et pendant l’automne, le but de délicieuses promenades que le touriste, au gré de son caprice, peut varier à l’infini.
L’Argonne abonde en localités agréables et tranquilles, où les familles peuvent, à très peu de frais, s’installer pour des villégiatures vraiment reposantes.

Notes

[1- On notera les noms comme Somme-Bionne, Somme-Tourbe, « somme » voulant dire « source »

[2C’est par le défilé de La Croix aux Bois que les armées ennemies ont franchi l’Argonne avant d’en découdre à Valmy.

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