Connaissance du Patrimoine Culturel Local
Le Petit Journal
de Sainte-Ménehould
et ses voisins d'Argonne
Edition régulière d'un bulletin traitant de l'histoire, des coutumes et de l'actualité.

L’Hôpital de Sainte-Ménehould.

Plus de 15 siècles au cœur de la cité.

jeudi 28 mars 2013, par Jean-Louis Pierre dit Méry


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D’après Claude Buirette dans son histoire de Sainte-Ménehould, il serait un des plus anciens hôpitaux reconnus de Champagne et même de France. Il daterait du 5ème siècle, antérieur à l’Hôtel-Dieu de Paris, établi en 651 par Saint-Landri.
Sans date précise, les prémices d’un lieu de soins se situent au milieu du 5ème siècle, au temps ou l’évêque de Châlons (Saint-Alpin, 433-480) voulait chasser de son diocèse tous les juifs y habitant. La plupart prirent le chemin de l’exil.
Cependant, deux amis juifs, possédant un domaine au confluent de l’Aisne et de l’Auve, préférèrent se convertir au catholicisme et mettre à la disposition des malades, des malheureux, nombreux en cette zone marécageuse, leurs biens, leur maison transformée en « Maison de refuge ».
Courageux et charitables, ils assurèrent jusque leur décès le service auprès des infortunés de la vie. Certains écrits racontent que Ménehould, présente souvent à cette époque à la suite de son père Sigmar, comte de Perthes, « Maître des lieux », serait venu apporter des soins, partager le service des malades avec les deux amis, bons Samaritains.
Des habitants dévoués puis des religieux prirent le relais et l’Hospice d’accueil et de soins fut apprécié et reconnu. Au cours des temps, il bénéficia de protections et donations, elles lui permirent d’augmenter ses capacités d’accueil pour les vieillards oubliés, sans ressources et les enfants orphelins ou abandonnés. Des guerres fréquentes ont souvent traversé la région : entre seigneurs rivaux, souverains en mal de conquête de territoire, guerre de 100 ans, de religions et les plus récentes. Aussi l’établissement ménéhildien fut maintes fois sollicité comme hôpital, aire de repos et de paix.
L’incendie du 23 septembre 1578 détruisit quasi totalement l’hospice. Plusieurs années furent nécessaires pour sa reconstruction, la remise en route des différents services. A nouveau, en août 1719, l’incendie qui ravagea la ville détruisit une partie des bâtiments et son église. Suite à la restructuration et la reconstruction totale de Sainte-Ménehould, mise en chantier par Philippe de la Force l’architecte royal, ce n’est qu’en 1736 qu’une ordonnance admit le plan de reconstruction de l’hôpital, conçu par Philippe de la Force. Les travaux commencés en 1742 ne seront achevés qu’en 1748.
A partir de 1741, suite à une convention signée avec la supérieure de la maison mère de Nancy, des Sœurs de Saint-Charles vinrent assurer le service intérieur des pensionnaires, puis des malades, et plus tard les services extérieurs des malades en ville.
Avec de nombreux legs de plusieurs bienfaiteurs et de donations de personnes venues terminer leur vie à l’hospice, l’hôpital a acquis un important patrimoine : terres, bois, fermes. Cela lui permit d’agrandir, de construire et de moderniser l’ensemble des bâtiments. Sur instructions ministérielles, en 1834, furent vendues des terres et des fermes difficiles à gérer par l’établissement. En contrepartie fut achetée la forêt de la Viergette, gérée pour son compte par les Eaux et Forêts.

La présence des sœurs favorisa l’augmentation des services et le nombre des lits en particulier : accueil des vieillards sans ressources, des enfants seuls, abandonnés, afin d’assurer à ces derniers éducation et formation pour entrer dans la vie. Vers 1860, le personnel se compose de : 10 sœurs, dont la supérieure, directrice de l’hôpital et gérant aussi la pharmacie, 2 infirmières, 1 cuisinière, 1 lingère, 5 surveillantes.
Par la suite l’hôpital s’agrandit avec le personnel médical : 1 chirurgien, 1 docteur, 1 infirmier et du personnel de service : jardinier, entretien des locaux. Au 20ème siècle : installation de salles de pansement, de radio, d’un bloc opératoire. En 1948-49, construction d’une maternité qui cessera son activité en 1990, dans le cadre des regroupements de services pour plus de sécurité. Il en sera de même pour le bloc chirurgical dans les années 2000.



La diminution des vocations obligera les sœurs de Saint-Charles à réduire le nombre des Sœurs présentes puis à quitter définitivement l’hôpital dans la décennie 90-2000, au grand regret des Ménéhildiens qui ont beaucoup apprécié, au cours de leurs 250 années de présence, le courage et le dévouement des sœurs de Saint-Charles au service de la population.
Mais la roue tourne, l’ancien hôpital a été délaissé. Construit dans l’espace du Quartier Valmy, un nouvel hôpital a vu le jour, plus orienté vers la prise en charge de Services de retraites spécialisés, d’un accueil d’urgences et d’un service de soins de suite.
En attendant, les anciens bâtiments se dégradent, en recherche d’une nouvelle affectation.

Sources : Récits historiques de Charles Buirette et Emile Baillon.

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