Connaissance du Patrimoine Culturel Local
Le Petit Journal
de Sainte-Ménehould
et ses voisins d'Argonne
Edition régulière d'un bulletin traitant de l'histoire, des coutumes et de l'actualité.

La page du poète

MADEMOISELLE HELENE

mardi 13 février 2007


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Qui n’a pas connu Mademoiselle Hélène NICOLIN ? Mais si je vous dis qu’elle était domiciliée à la barrière SNCF n° 49 près du bois Géraudel à Sainte Ménehould, tout le monde se rappellera de son surnom « Mère Chats ».
Melle NICOLIN était née le 21 octobre 1894 à Montigny le Roi en Haute Marne et c’est notre ami Jean Louis HUSSENET, chef de gare retraité qui nous livre les états de service :
« Hélène NICOLIN, fille de chef de gare, débuta au Chemin de Fer de l’Est le 15 janvier 1921, en gare de Verdun, comme préposée au téléphone. En 1947, elle est nommée factrice aux écritures ; en 1949, elle a pris sa retraite sans abandonner le monde du rail, puisqu’elle a résidé an P.N. 88 jusqu’en 1986 » et c’est à l’âge de 92 ans qu’elle entra à la maison de retraite de Vienne le Château et c’est en ces lieux qu’elle fêtera ses cent ans le 21 octobre 1994 en présence de ses amis de la Fédération Générale des retraités des Chemins de Fer. Elle nous quitta le 27 décembre 1998 à l’âge de 104 ans.
Outre son amour pour les chats, ses talents de poète nous sont révélés par le bulletin municipal de Sainte Ménehould où l’on découvre ses sentiments d’admiration pour sa coupe d’œillets roses :

Mes œillets roses.


Ils se pavanent dans une simple cocotte
Sans se soucier d’avoir une mauvaise note
Tous alignés comme de vrais soldats de plomb
Ils ont l’air de danser tous en rond…
Au centre, quelques beaux échevelés cherchent l’union
Pour nous donner une agréable vision
D’un si joli rose parfumé dans l’apothéose de leur vie
J’entends un doux murmure ; de l’eau, de l’eau, ma mie.


Et c’est en juillet 1986, après son entrée à la maison de retraite qu’elle composa son dernier poème :

Le cheval et les courses.


Vous les chevaux, beauté à la si belle prestance,
Mes amis du futur comme du présent,
Quand l’amazone d’un simple geste de sa main,
Sait si bien désigner votre chemin,
Pour ces jours tant attendus, les courses
Qui remplissent ou vident les bourses.
Quand la grandeur de votre pouvoir éclate,
Que la chance des favoris les flatte, après que sous vos sabots
tremblants, jaillit l’étincelle,
Que votre centre d’attraction vous ait donné des ailes,
Alors que la cravache caresse votre souffle épuisé,
L’heure de gloire est enfin arrivée,
Le poteau ne marque-t-il pas votre numéro premier,
La foule d’un concert enchanté,
Offre ses chaleureux refrains à nos bien-aimés.


Transmis par Roger Bertold

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