Connaissance du Patrimoine Culturel Local
Le Petit Journal
de Sainte-Ménehould
et ses voisins d'Argonne
Edition régulière d'un bulletin traitant de l'histoire, des coutumes et de l'actualité.

Une vieille photo, le lycée Chanzy en 1948.

vendredi 28 mars 2014, par Nicole Gérardot


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Michel Charton, lui aussi élève de M. Lavallée, se souvient : "Il avait un débit de parole extrêmement rapide et parfois le flot de son discours prenait des allures de torrent impétueux. Si la quantité de mots y gagnait, l’ordre parfois y perdait, laissant apparaître un sens qui trahissait la pensée de l’émetteur. Ainsi une anecdote particulièrement savoureuse circule encore chez ses anciens élèves.
Le cours se terminait et les élèves attendaient avec impatience la stridence de la sonnette qui allait les délivrer. Mais le professeur avait encore quelques notions d’histoire et de géographie à donner. Enfin le coup de sonnette retentit ! Voilà tous les élèves debout, rangeant livres et cahiers en pensant déjà à la récréation. Mais le professeur, dans un dernier sursaut, essaie d’endiguer toute cette énergie et prononce cette phrase qui est restée dans les mémoires des anciens potaches
 : La cloche, c’est pas vous, c’est moi ! Les deux « pour » manquant firent la joie des élèves et alimentent encore les conversations cinquante ans après.
François Mouton, lui aussi, se souvient bien de son professeur d’histoire :
"M. Lavallée fut prisonnier des Allemands au début de la 2ème guerre mondiale et passa plusieurs années en Poméranie orientale, région proche de la frontière polonaise (et devenue polonaise depuis 1945). C’est une région où les hivers sont particulièrement rigoureux et où le froid rend la vie difficile. Aussi les prisonniers faisaient appel à leur imagination pour améliorer leur condition. Il leur vint naturellement l’idée de se faire des boissons chaudes à l’insu de leurs gardiens bien évidemment. Comme dans le baraquement il y avait un tabouret métallique, ils firent un branchement clandestin à partir d’une prise électrique, ce qui leur permettait d’avoir un moyen de chauffage discret (il suffisait de débrancher la prise électrique et le tabouret retrouvait sa fonction de siège).
Un jour, un gardien allemand entra dans la chambrée pour une inspection de routine ; inspection qui se déroula normalement jusqu’au moment où, voulant rédiger son rapport, il s’assit sur le tabouret. Or, les prisonniers, surpris par l’arrivée de l’Allemand, n’avaient pas eu le temps de débrancher la prise. En une fraction de seconde, le gardien se releva en hurlant et en débitant un chapelet d’injures !
Nous, les élèves du collège de Menou, très modérément passionnés par les exploits militaires de Napoléon ou les ressources agricoles du Nicaragua, adorions pousser M. Lavallée à raconter des anecdotes vécues durant sa captivité. Pour ma part, j’avoue avoir beaucoup apprécié cette version de la chaise électrique.


Le jeune professeur debout à droite était M. Loppin, dit « Nippol » ou « Nipp’s », ce qui faisait anglais. Il était prof de math, très sympa. Il était marié avec la fille de M. Lavallée. Je n’ai pas connu les autres professeurs présents sur la photo.
Voilà quelques souvenirs, quelques blagues de potaches qui, si on les racontait, paraîtraient bien fades aux collégiens de maintenant.


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