Connaissance du Patrimoine Culturel Local
Le Petit Journal
de Sainte-Ménehould
et ses voisins d'Argonne
Edition régulière d'un bulletin traitant de l'histoire, des coutumes et de l'actualité.

A propos de la façon de parler.

mercredi 26 mars 2014, par Dominique Delacour


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Dominique Delacour, qui vient de signer un important ouvrage sur sa commune de Auve, se pose des questions quant à la façon dont le nom des villages est écrit. Déjà on sait qu’en Argonne on dit « le François » et non « François ». Y aurait-il de l’Argonnais là dedans ?

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Je me suis souvent demandé pourquoi, après avoir toujours vu écrire et entendu dire « d’Auve », on a basculé petit à petit, au fil des ans pour en arriver à « de Auve ». Cette façon de parler me laisse un peu perplexe et elle a tendance à se généraliser. Pour ma part, je ne l’applique pas la plupart du temps.
Dans la chanson « Sur le pont d’Avignon » qui n’est pas récente comme chacun le sait, c’est peut-être la façon de parler d’autrefois. D’accord, mais cela m’étonnerait d’entendre dire aujourd’hui « Sur le pont de Avignon » en dehors de la chanson. Et, par exemple, lorsque l’on mange des pruneaux venant d’Agen, je n’ai jamais entendu dire « de Agen », ou encore « je suis natif d’Italie » n’a probablement pas laissé la place à « je suis natif de Italie ».
D’ailleurs, d’une façon comme de l’autre dans ces exemples, le nom propre ne se trouve ni amputé, ni altéré, pourquoi donc ne pas utiliser le langage courant ? Par contre il peut y avoir des cas où le « de » renforce l’énoncé. Exemple : le doyen « de Auve » cela sonne mieux à l’oreille.

Avec les noms propres commençant par H, il peut y avoir à redire. Annoncer « je viens d’Herpont » ou « je viens de Herpont » ne pose pas de problème spécial, mais la première tournure me paraît plus agréable.
« Hans », quant à lui, me semble un cas bien particulier. Par exemple, si j’annonce par téléphone « je pars de Hans », rien à dire de particulier. Mais voyez si je disais « je pars d’Hans », ce qu’il adviendrait. Mon interlocuteur me demanderait tout de suite et avec raison « dans quoi ? ». Mieux, voyez l’effet que pourrait avoir cette affirmation : « je suis le maire d’Hans » (c’est mieux que « le maire d’Eu » mais quand même !). Tout cela montre que phonétiquement ça peut conduire à une toute autre signification. Arrêtons-nous un instant à la dénomination possible « le maire de Eu ». C’est loin d’être génial à prononcer, mais plus neutre et moins relevé que « le maire d’Eu ». Ce serait même intéressant de savoir si cela n’est pas un frein pour certains de convoiter la place de premier magistrat en prévision des moqueries à venir !!!

Les noms précédés d’une particule posent d’autres problèmes. En mettant « du » au lieu de « de le » et « au » à la place de « à le », il y a forcément une légère modification de l’intitulé du nom.
Regardons ce qui se pratique ailleurs. C’est bien « des 24 heures du Mans » dont on parle et non « des 24 heures de Le Mans ». Idem pour le circuit « du Castelet » et non « de Le Castelet ». Pourtant dans ces exemples, cette fois, le nom des villes se trouve un peu modifié.
Depuis quelques années on voit apparaître, dans le journal entre autre, des formules de ce genre : « Les habitants de Le Vieil Dampierre » ou encore moins agréable à entendre « C’est la fête à Les Charmontois » à la place « du Vieil Dampierre » et « aux Charmontois ». Il est vrai que l’une ou l’autre façon d’écrire ne modifiera pas le nombre de présents à cette fête, j’en conviens, mais une des deux façons de parler me semble nettement plus harmonieuse que l’autre. Peut-être tout simplement le manque d’habitude me fait avoir cette conclusion ?

A la suite de ces quelques lignes, il pourrait être très intéressant de connaître l’avis de gens compétents pour savoir ce qu’ils en pensent et rappeler les règles à respecter, si règles il y a.

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