Connaissance du Patrimoine Culturel Local
Le Petit Journal
de Sainte-Ménehould
et ses voisins d'Argonne
Edition régulière d'un bulletin traitant de l'histoire, des coutumes et de l'actualité.

La ligne de chemin de fer nord-sud.

dimanche 21 septembre 2014, par John Jussy


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Toujours avec les documents d’Henri Jean-Baptiste transmis par son fils Jacky, voici la suite d’un regard sur le chemin de fer en Argonne.

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Après la mise en service de la ligne Châlons-Verdun en 1867, c’est la ligne nord-sud, d’Amagne à Revigny qui allait être créée moins de 20 ans après et qui allait donner à Menou, fait assez rare, une seconde gare, la gare de Guise. C’est le 10 décembre 1882 que la ligne de Vouziers à Revigny en passant par Sainte-Ménehould allait être ouverte.
Au-delà des intérêts économiques, en particulier des nombreuses entreprises métallurgiques qui existaient à cette époque dans la région de Saint-Dizier, Wassy et Joinville, cette ligne allait permettre aux villageois de venir facilement à la ville, qu’ils soient du nord, La Neuville-au-Pont, ou du sud, jusqu’à Givry. Ma mère, dans les années trente, partait à pied du village de Le Chemin où ma grand-mère tenait un restaurant pour rallier la gare la plus proche et aller en chemin de fer chercher le tabac à Sainte-Ménehould.
1887 : le journal local publie un indicateur avec les horaires ; à noter que les renseignements de cette ligne Amagne à Revigny sont écrits en plus gros caractères que ceux de la ligne Châlons Verdun, preuve que cette ligne nord-sud avait plus d’importance pour les Argonnais que l’autre.
En allant vers le nord, on trouvait les gares de La Neuville au Pont, Vienne la Ville, Ville sur Tourbe, Cernay en Dormoy, puis le train partait dans les Ardennes ; Autry, Challerange et Vouziers, jusqu’à Amagne et même « Mézières Charleville (!) »
Toutes les communes n’étaient pas desservies, comme ce fut le cas pour Vienne-le-Château, un des plus importants bourgs de l’Argonne nord. Louis Brouillon dans son guide de l’Argonne du début du siècle dernier, écrit : « on fabrique à Vienne-le-Château des velours tramés, des chaussons et des brodequins fourrés, des chéchias, industries qui contribuent à donner à cette localité une certaine animosité. La station la plus rapprochée est celle de Vienne-la-Ville (4 km) sur la ligne de Revigny à Hirson. Elle est reliée à Vienne-le-Château par un service de voitures. »
On peut imaginer les projets, les discussions, les tensions comme ce fut le cas pour notre TGV pour définir le tracé de cette ligne.

4 trains par jour.
Il y avait 4 trains par jour, 2 le matin et 2 le soir, et les voyageurs se levaient tôt car le premier départ de Menou vers le nord se faisait à 4h 48 et vers le sud à 5h 05. Notons cependant qu’à cette époque on vivait à l’heure solaire, la première « heure d’été » n’apparaissant qu’en 1916.
Une personne de la Neuville-au-pont pouvait donc partir pour Menou à 8h 06 ou à 10h 29 en arrivant à la gare de Guise et repartir de cette gare à 3h 53 ou 8h 42.
Le trajet durait de 9 à 12 minutes.
Il fallait une bonne demi-heure pour effectuer le trajet Givry-Sainte-Ménehould, soit une moyenne, tenant compte des arrêts, de 30 km/h…et ¾ d’heure pour Cernay en Dormois.

Au second plan, après le pont sur l’Ante, le passage à niveau et la maison de la garde-barrière.




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