Connaissance du Patrimoine Culturel Local
Le Petit Journal
de Sainte-Ménehould
et ses voisins d'Argonne
Edition régulière d'un bulletin traitant de l'histoire, des coutumes et de l'actualité.

Quand les militaires quittent les villes.

dimanche 21 décembre 2014, par John Jussy


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Châlons-en-Champagne va perdre ses militaires, beaucoup de militaires, et cela aura des conséquences énormes sur la vie locale, l’économie, l’avenir de la cité champenoise.
Mais qui se souvient que notre bonne ville de Sainte-Ménehould a connu le même sort, certes avec un nombre moins grand de militaires et sur un temps plus long ?
Au début des années 1900, la cité argonnaise vivait au rythme des Cuirassiers, ces soldats à cheval qui cantonnaient au Quartier Valmy, casernes construites en 1884. L’économie locale, la vie, les fêtes, tout dépendait des Cuirassiers. Le célèbre « 6ème Cuir », arrivé en 1898 était formé de 81 officiers, 56 brigadiers et 550 cavaliers, soit presque 700 soldats auxquels on devait ajouter les cuisiniers, les infirmiers, les armuriers, les bourreliers, les maréchaux-ferrants, et beaucoup d’autres métiers… Soit presque 800 personnes. De plus, toute cette vie des cuirassiers n’était pas concentrée dans l’enceinte du Quartier Valmy. Le fourrage était stocké dans des bâtiments qui deviendront plus tard ceux de l’EDF, (aujourd’hui le centre éducatif fermé), l’intendance était dans la cour du moulin… Sans compter les appels d’offre pour alimenter les cuisines et apporter patates, légumes ou encore l’indispensable café. On vendait même aux enchères, et c’est incroyable, les balayures des chambrées.
19361911 : la ville compte 4306 individus, dont 3316 en centre ville ; et, c’est étonnant, sont « comptés à part » à la maison d’arrêt : 6 ; à l’hospice : 37 ; au lycée : 35 ; au pensionnat : 34 ; et les militaires : 612.
Toute cette vie se terminera avec la Grande guerre et la disparition des Cuirassiers.
1936, c’est l’époque pour le Quartier Valmy de « l’Escadron du train » qui comprenait l’état-major et trois compagnies avec plus de 200 véhicules de transport et pas moins de 400 hommes. Un soldat écrit à ses parents (en 1930) : « 1 heure, conduite moto et camion, instruction sur le moteur jusqu’à 4h ½… C’est très intéressant toute la mécanique, mieux que dans un atelier. »
La ville compte 3920 habitants ; encore là on annonce : hospice 51, lycée 41, pensionnat 15 et militaires 403. On remarquera qu’il n’y a plus de résidents à la prison qui avait été désaffectée en 1921.
Puis après avoir été pendant la guerre un camp de prisonniers, le Quartier Valmy abritera le magasin général du service de santé avec très peu de soldats ; des militaires qui un jour quitteront définitivement la ville, offrant à la municipalité l’occasion de racheter l’ensemble du Quartier Valmy…
Que fera Châlons de tous ces bâtiments libérés par l’armée ? Au Quartier Valmy, il y a eu beaucoup de destructions et peu de réhabilitations. Sur les 24 écuries qui étaient réparties par groupe de 6, il n’en reste que 5 dont deux sont occupées par les services municipaux. Le toit qui était à l’époque ajouré a été refait entièrement.
Et parfois, perdus sur un mur, quelques anneaux que personne ne remarque plus rappellent la grande époque des cuirassiers.

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