Connaissance du Patrimoine Culturel Local
Le Petit Journal
de Sainte-Ménehould
et ses voisins d'Argonne
Edition régulière d'un bulletin traitant de l'histoire, des coutumes et de l'actualité.

Le Modern’hôtel

dimanche 24 juillet 2016, par John Jussy


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Dans le n°70 de notre revue, François Duboisy a décrit les bâtiments occupés successivement par la sous-préfecture. Parmi eux l’un était le « Modern’hôtel », un grand hôtel des années 1920.

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En cette période d’après guerre, celle de 14-18, les hôtels de la ville sont l’Hôtel de Metz, le Saint-Nicolas, le Cheval Rouge et le Modern’hôtel.
Le Modern’hôtel avait occupé le bâtiment qui était avant la guerre la « Villa », là où logeaient les officiers des régiments de cuirassiers cantonnés au Quartier Valmy. Outre les cartes postales, cet hôtel va ressurgir pour nousdu passé grâce à une publicité parue dans le « Guide illustré de l’Argonne » ; nous sommes en 1929. Ce guide, écrit par G. Chenet, permettait, grâce à des circuits, de visiter l’Argonne, de Passavant, Triaucourt jusqu’à Vauquois et Montfaucon ; comptant 120 pages, ce guide avait édité chez A. Martinet, éditeur rue Chanzy à Sainte-Ménehould.

Le Modern’hôtel axait d’ailleurs sa publicité sur les visites ; il proposait de « l’Auto-location avec l’organisation d’excursions dans l’Argonne » avec même un guide interprète, un luxe pour l’époque. Situé (ou adossé comme il est écrit) à la gare principale de la ville (la seconde étant la gare de Guise), l’hôtel devait recevoir bon nombre de voyageurs venant en Argonne par le train.

Pour ceux qui venaient en voiture, et ils ne devaient pas être nombreux, l’hôtel proposait des grands garages fermés, avec fosse de réparation. Il y avait aussi, au bord de la route, mais c’était peut-être plus tard, comme le montre une carte postale dont le timbre porte la date de 1948, une pompe à essence.
Bien entendu la publicité annonce des chambres confortables, une cuisine soignée, des prix modérés…. Une chambre dans les années 1940, coûtait de 15 à 30 F., un repas de 13 à 15 F. et la pension journalière 30 F., sachant qu’à cette époque, un costume coûtait dans les 100 F., un kg de pain 1 F, ou qu’une livre de cerises à La Grange-aux-Bois était vendue un peu plus de 1 F.
Le restaurant de l’hôtel proposait également des spécialités du pays : était-ce le pied de cochon ? Plus étonnant, l’hôtel se dit le mieux situé sur la « route internationale Paris-Mayence ». Pourquoi Mayence ? Peut-être parce que Mayence avait été un département français de 1801 à 1814 et que cette région, après la grande Guerre, fut occupée par les Français jusqu’en 1930.
Il devait quand même être bien agréable ce Modern’hôtel, avec ses tables et ses chaises de bistrot sur le trottoir, offrant avec les bacs à fleurs et les arbres de l’avenue un décor champêtre certainement bien apprécié des visiteurs venant des grandes villes.
John Jussy

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