Connaissance du Patrimoine Culturel Local
Le Petit Journal
de Sainte-Ménehould
et ses voisins d'Argonne
Edition régulière d'un bulletin traitant de l'histoire, des coutumes et de l'actualité.

Ces mots disparus (ou presque) de la langue française

samedi 23 juillet 2016, par John Jussy


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Chaque jour noter langue s’enrichit de mots nouveaux, par contre de nombreux mots ou des expressions ne sont plus utilisés aujourd’hui. Un Argonnais nous a remis un article de vente en 1899, à l’époque où il n’y avait ni voitures ni électricité.
Voici une partie du texte qui présente les biens à vendre.
« Une neuve grange avec machine à battre et son manège sise à La Neuville–aux-Bois… avec terrain de chaque côté, le tout d’une contenance de 16 ares 03. »
Le manège est désigné dans un dictionnaire d’un autre siècle comme « l’art de discipliner les chevaux » ; par extension le manège désignera l’endroit où l’on dresse les chevaux, puis dans les fêtes les attractions foraines au début avec des chevaux en bois, puis avec d’autres appareils, autos, avions.

"Une maison de culture sise à La Neuville-aux-Bois, consistant en :
I) Corps de logis sur la rue, avec passage clos et couvert au nord ; 3 chambres à feu, chambre à four, au midi de la cuisine".

La chambre à feu était une pièce fermée avec cheminée.
La chambre à four était une pièce où se trouvait le four à pain, un four avec chauffage au bois qui permettait de faire cuire du pain.
Les termes utilisés ne sont pas nord, sud, est, ouest, mais nord, midi, levant, couchant.
« Greniers au-dessus du tout ; petit terrain vague au midi ».

II) "Bâtiment en nature de hangar, loges à porc et écuries à vaches au midi de la cour avec petit terrain derrière ; cabinet d’aisance à l’angle sud-ouest de ce terrain.
On parlait alors de loge à porc et non de l’arang à cochon (terme de patois). Le cabinet d’aisance était une cabane en bois située en général au fond du jardin.

III) Grange au levant de la cour, dans laquelle se trouvent des écuries à chevaux…

Une autre maison de culture était en vente ; on retrouve les mêmes termes :

Une maison de culture consistant en :
I) Un corps de logis ayant entrée sur la cour par un corridor, comprenant : 3 chambres à feu éclairées sur place, et à gauche du corridor : chambre servant de cuisine au nord de ce corridor avec entrée sur la cour ; cabinet au couchant ; cave sous les chambres et corridor ; bûcherie au nord de la cuisine avec entrée par le passage conduisant au jardin.
La bûcherie est le lieu où l’on entrepose les bûches, le bois. Une rue de Paris porte le nom de « Rue de la Bûcherie » ; elle se trouve le long de la Seine, là où on déchargeait du bois.

II) Bâtiment en nature d’écuries à chevaux et à vaches avec sinaudages et greniers au-dessus…
Les sinaudages, terme de patois semble-t-il car inconnu des dictionnaires, désignait un assemblage de poutres et de planches, et donc par extension le lieu où l’on stockait le fourrage au-dessus des animaux.

III) Grange au levant de la cour dans laquelle se trouvent des écuries et un vaste cellier avec greniers au-dessus ; loges à porc et poulailler…
Le cellier, terme encore utilisé, désigne dans la ferme un lieu situé au rez-de-chaussée de la maison et attenant à celle-ci dans lequel on conserve les provisions.

IV) Cour au milieu de ces bâtiments.

V) Jardin au nord de la grange, des écuries et des bûcheries ; le tout contigu faisant hache, contenant environ 9 ares, tenant du levant une aisance communale.
L’aisance communale était une ruelle.
John Jussy

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